| Les Lois Voynet, Chevènement et bientôt Gayssot modifieront profondément le rôle des collectivités locales, avec le renforcement marqué des structures intercommunales et le transfert à leur profit de compétences assurées antérieurement par les communes. Faisons le point sur les questions que se posent les milieux économiques. |
par rapport au niveau du taux : le taux communautaire d'imposition à la Taxe Professionnelle sera en principe équivalent, dès la 1ère année de sa mise en application, au taux moyen pondéré constaté l'année précédente sur l'ensemble du territoire de l'agglomération. Le législateur a prévu une période de transition (allant jusqu'à 12 ans), pour réduire progressivement (par des hausses ou des réductions) l'écart entre ce taux intercommunal et le taux actuel... On peut néanmoins craindre que des entreprises industrielles connaîtront des hausses sensibles de leur imposition, cumulant ces hausses d'égalisation avec les majorations courantes des taux d'imposition. Dans certains cas, l'alourdissement prévisible des charges les incitera à se délocaliser ou à transférer sur d'autres sites, les investissements envisagés...
Dans ce contexte, ne peut-on envisager de fixer le taux communautaire à un niveau inférieur au taux moyen pondéré ? Le renforcement du pouvoir d'agglomération assurera, d'ailleurs, une meilleure utilisation de l'argent public. On peut en effet penser qu'il permettra des économies d'échelles et une meilleure coordination opérationnelle (moins de doublons dans les services, meilleure répartition des équipements...). Si le transfert des compétences et des charges est accompagné du transfert complet des services et des structures, la pression fiscale doit pouvoir être allégée.
* par rapport à la nature des charges : les compétences des structures inter-communales seront élargies et porteront sur des questions destinées essentiellement aux ménages (comme les actions culturelles, sportives, ou le logement...). On peut légitimement s'interroger sur l'opportunité de faire financer par les entreprises, des dépenses destinées aux particuliers. N'y a-t-il pas là un risque sérieux de dérive fiscale, dans des domaines où les dépenses ne feront que croître, alors que la Taxe Professionnelle est majoritairement prélevée sur des entreprises, qui ne sont pas électrices ?
par rapport aux investisseurs extérieurs : au sein d'une même agglomération, la variété des taux communaux d'imposition à la Taxe Professionnelle, permettait à un investisseur, sensible à la question, de rechercher une niche fiscale accueillante. Désormais notre agglomération appliquera un même taux, facilement identifiable et comparable à ceux des communes voisines ou d'autres agglomérations, voire d'autres pays. Cet effet " falaise " risque, s'il est trop accentué, de nuire à l'attractivité de notre agglomération. Nos élus ne doivent pas oublier que la concurrence fiscale existera de plus en plus entre les agglomérations et entre les pays : les entreprises cherchent à en tirer le meilleur parti. Il suffit pour s'en rendre compte, d'observer le nombre croissant d'entreprises françaises installées à Londres ou à Ashford, très accessibles par l'Eurostar.