Rassemblement dans le secteur bancaire

La Gazette : La Fédération Bancaire Française (FBF) a été créée le 27 novembre dernier, pouvez-vous définir son rôle ?

Louis-Dominique DEMANGE : Auparavant il existait deux organismes de représentation de la fonction bancaire, l'AFB (Association Française des Banques) et le secteur mutualiste et coopératif. Il a été décidé que l'ensemble des acteurs de la profession seraient rassemblés dorénavant sous la même bannière. La vocation de cette nouvelle entité est de représenter et de défendre les positions et intérêts de l'ensemble des établissements bancaires. L'AFB existe toujours mais ses missions ne portent plus que sur le champ de la convention collective des banques.

La Gazette : Ce regroupement vous paraissait-il essentiel ?

Louis-Dominique DEMANGE : Le clivage entre établissements bancaires et sociétés mutualistes existait depuis des décennies et mais n'était plus d'actualité alors que nous confrontons aujourd'hui les mêmes difficultés dans l'exercice de nos métiers. Cette union est une très bonne chose car nous donnerons d'avantage de poids à notre opinion commune. La FBF représente au niveau national plus de 500 banques, 500.000 salariés et 735 milliards d'euros (4.820 milliards de francs) de dépôts. La Gazette : Quel est le point d'ancrage de la FBF dans le Nord-Pas de Calais ? Louis-Dominique DEMANGE : C'est le comité régional des banques qui regroupe une soixantaine d'établissements bancaires en région. En plus d'assurer une représentation de la profession dans différents organismes ou commissions (en exemple, le comité directeur du MEDEF, conseil d'administration des ruches d'entreprises, le comité de pilotage innovation et DRIRE...), il est chargé de retransmettre à ses membres les informations provenant de la FBF sur les grands sujets de la profession comme l'euro, les transporteurs de fonds... Le comité régional des banques est relayé par 11 comités locaux dans la région du Nord-Pas de Calais.

La Gazette : Quel est le bilan que les banques peuvent tirer à la veille du prochain passage à l'euro ?

Louis-Dominique DEMANGE : Tout d'abord il est à noter que les banques utilisent déjà l'euro quotidiennement depuis 1999. Le bilan est donc à faire en terme de déploiement de l'information au niveau régional : la FBF s'est beaucoup investie dans des actions de sensibilisation en partenariat avec MEDEF ou les chambres de commerce. Je constate malheureusement qu'il existe, malgré nos actions de sensibilisation, un décalage entre la préparation des banques et celle de nos clients, surtout les petites entreprises.

La Gazette : A propos des chèques payants, quelle est l'opinion de la FBF ?

Louis-Dominique DEMANGE : Nous avons été fortement surpris. Il faut savoir que la chèque n'est pas gratuit, il a un coût pour les banques surtout que la France est le pays d'Europe qui consomme le plus de chèques par habitant (82 chèques en moyenne par personne par an). Cette loi amènerait à une discordance avec les banques concurrentes des autres pays européens qui, elles, font payer les chèques. J'espère qu'on trouvera une solution plus transparente que l'imposition du chèque gratuit par voie législative.

Propos recueillis par Caroline BEHAGUE

Louis Dominique Demange est président du Comité Régional des Banques et Directeur Régional de BNP Paribas.