Le printemps sourit aux jeunes diplômés
des Grandes Ecoles de Commerce Françaises

Au milieu des années 90, un doute planait : faiblesse des débouchés, adaptation moyenne aux besoins des entreprises, remise en cause, baisse des candidatures,... En 2000, tous les indicateurs de la filière de formation sont changés : beaucoup de candidats, des débouchés exceptionnellement favorables, un progrès qualitatif de l'ensemble des écoles, une visibilité internationale. Les grandes écoles de commerce sont devenues l'un des berceaux les plus actifs de la nouvelle économie et de la création de start up sur le Net.

Les offres d'emploi affluent comme jamais par le passé vers les GEC. A l'EDHEC, plus de 10 000 offres ont été traitées en 1999 pour 500 diplômés. L'insertion des jeunes se présente sous de meilleures augures. Cette situation modifie certains de leurs comportements. Le salaire n'est pas l'élément le plus important de leur choix comme on a parfois tendance à le penser. Les critères auxquels ils attachent le plus d'importance sont de nature qualitative. Ils attachent une très grande importance à la capacité de l'entreprise à proposer un environnement de qualité : ambiance de travail, possibilité de prendre des responsabilités et perspectives du poste, aspect formateur du poste, travail qui laisse du temps à la vie privée. Les jeunes ont tendance à refuser les parcours contraignants et stéréotypés et à concilier qualité du travail et qualité de la vie. Ils veulent s'accomplir et être responsables. De grands recruteurs qui n'ont pas su intégrer ces évolutions ont actuellement d'immenses difficultés à attirer des jeunes diplômés des GEC.

La grande percée internationale des Grandes Ecoles de Commerce

Depuis plusieurs années, de 15 à 20% des nouveaux diplômés des GEC choisissent un premier emploi à l'étranger. Cela représente au niveau national 2 000 jeunes par an. Certains pourraient y voir la conséquence des charges sociales et d'une imposition trop élevée en France. Sans négliger cette réalité, la réussite des jeunes français à l'étranger est aussi le résultat de la politique internationale des GEC. L'enseignement des langues et notamment de l'anglais a été partout renforcé. Les stages à l'étranger et les échanges avec les universités partenaires ont incontestablement donné une ouverture internationale aux élèves. Des cours sont proposés en anglais. Les corps professoraux se sont internationalisés. A l'EDHEC, il est obligatoire d'avoir effectué un stage à l'étranger ou un échange avec une université partenaire pour être diplômé. La mobilité internationale des jeunes diplômés des GEC est unique parmi les grands pays d'Europe. Les recruteurs étrangers viennent maintenant les recruter dans les Forums. Au dernier Forum EDHEC, 10 entreprises sur 85 présentes étaient anglaises. Pour accompagner cette évolution, l'EDHEC a installé une antenne de relation avec les entreprises à Londres.
Autre signe du succès du système français des grandes écoles sur 36 écoles européennes accréditées EQUIS (Label attribué aux meilleures Business Schools internationales Européennes), 8 sont françaises.

Créer son entreprise plutôt qu'être salarié

Dernière évolution dans les GEC. Les jeunes créent des entreprises, parfois même avant d'être diplômés. 5% des diplômés de la promotion 99 de l'EDHEC ont ainsi créé leur entreprise. Certes la proportion n'est pas majoritaire. Ce qui est exceptionnel, c'est que deux ans plus tôt, ils n'étaient même pas 1% à vouloir créer une entreprise. Il faut également prendre en compte le fait qu'un nombre significatif de diplômés en poste dans de grandes entreprises internationales quittent leur carrière toute tracée pour monter une start up.
En conclusion, cette évolution extrêmement positive des GEC vaut la peine d'être mise en exergue. D'autant plus que Lille avec ses quatre écoles de commerce l'ESC, l'IESEG, l'ESPEME et l'EDHEC, est de loin la première ville en France (hors Paris) pour la formation des jeunes dans les métiers du Commerce et de la Gestion.

Olivier OGER
Lille Place Financière