FONDS ETHIQUES OU LA RENCONTRE DE L'HUMANISME
ET DE LA RENTABILITE
A l'heure où la notion d'"éthique " envahit les conversations privées et professionnelles, il est important, surtout lorsque cela touche le domaine des investissements financiers, de faire un point précis sur cette association d'idées que d'aucuns imaginent difficile entre " le business " et " l'éthique ".
La première société en France à avoir proposé une gestion de placements éthiques est la Financière Meeschaert, précurseur dans ce domaine. Dès 1983, en effet, cette société conçoit à l'initiative de congrégations religieuses un Fonds " Nouvelle Stratégie 50 " dans le but de leur assurer un complément de retraite. Si dans la forme des produits, cela ne se traduisait pas par des changements radicaux, sur le fond de la démarche il en allait tout autrement.
Des objectifs humanistes...
Les règles alors retenues visent à proposer des placements qui soient au service de l'homme et de son développement. Le choix des valeurs qui composent ces Fonds Ethiques répondent à certains critères à présent au nombre de 20, précis et exigeants auxquels se réfère le gérant à chaque arbitrage. C'est cette démarche qui sur le fond est nouvelle, car elle rompt de fait avec le seul objectif de viser à tout prix la rentabilité au mépris parfois du progrès de l'Homme et de son environnement.
...qui rapportent.
Cette même rentabilité n'en est pas pour autant absente (Fonds Actions Ethique ; 41,11 % en 1999), mais elle devient la contrepartie d'un choix fort et éthique plus que d'un objectif de profit en soi. L'idée même de sélection éthique des placements n'est nullement contradictoire avec la réussite d'entreprises ayant fait choix d'être utile aux hommes et de ne pas leur nuire.
Cette démarche a depuis connue un beau succès et amené à l'élargir :
la société financière précitée a ainsi souhaité avoir accès aux travaux de l'ARESE (Analyse Recherche et Etudes Sociales sur les entreprises-groupe CDC) ce qui a permis d'introduire des critères complémentaires tels que le respect dans les relations sociales, la société civile, l'environnement...
Enfin, d'abord réservé aux fondateurs, le service de gestion éthique est à présent offert aux particuliers qui y trouvent une réponse à leur volonté de concilier leurs investissements avec une éthique forte.
Un suivi attentif, véritable garantie pour l'investisseur
Comme dans toute démarche novatrice, il est très important de ne pas en rester au niveau de principes, fussent-ils humanistes. C'est pourquoi dans le cas précis de ces fonds, il y a eu la volonté d'assurer un suivi " terrain et pragmatique " précis de la part de l'association " éthique et investissement " créée dès 1983 par Sœur Nicole Reille. Elle interroge les entreprises sur leurs choix éthiques et s'assure que les engagements pris à cet égard par le gérant des ces fonds sont bien tenus.
De fait, il s'agit pour l'association " éthique et investissement ", non de faire pression sur les sociétés ou de les sanctionner, mais de les responsabiliser. Et ce n'est pas le moindre des avantages des fonds éthiques que de créer de vrais liens de partenariat entre le monde des affaires et celui de la société civile pleinement engagés à préserver ensemble, la délicate recette de l'économie responsable.