Collectivités locales
En 1999, les réalisations
en matière d'investissement n'ont pas été à la hauteur des prévisions, très
favorables, inscrites dans les budgets primitifs des collectivités locales françaises.
Les retards d'exécution, liés notamment à la multiplication des appels d'offres
infructueux, à l'origine pour partie de ce résultat décevant, reportent mécaniquement
sur l'année 2000 une part des travaux non réalisés l'an dernier. Si la situation
financière favorable des collectivités locales peut les inciter à accélérer
leurs investissements, il reste que les réalisations de l'année 2000 dépendront
en grande partie de la capacité du secteur du BTP à répondre à cette demande.
Accélération des dépenses
d'investissement.
Les " fondamentaux " du secteur local sont bien orientés
Les conditions d'une croissance dynamique de l'investissement sont réunies :
le cycle électoral se trouve dans une phase ascendante : de manière classique,
les investissements accélèrent l'année précédant le renouvellement des conseils
municipaux ;
les collectivités locales peuvent mobiliser leur trésorerie excédentaire (107
milliards de francs au 1er janvier 1999, en hausse de près de 11 milliards !
) pour financer leurs investissements ;
les capacités d'autofinancement demeurent élevées.
Les fédérations professionnelles du BTP et le ministère de l'Équipement confortent
cette vision, en dressant des perspectives favorables pour la commande locale
en l'an 2000 :
Dans le secteur des travaux publics, le ministère prévoit une progression de
la commande des collectivités locales comprise, en volume, entre + 4,0 % et
+ 5,0 %.
L'enquête de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP), pour le premier
semestre 2000, confirme ces prévisions favorables. Tant au niveau de la clientèle
publique que de la clientèle privée, les entrepreneurs ont anticipé une activité
soutenue au cours du deuxième semestre 2000, l'état de leurs carnets de commandes
s'étant redressé nettement.
Par ailleurs, l'activité BTP devrait, comme en 1999, être tirée par le maintien
à un haut niveau des constructions de bâtiments résidentiels, mais aussi non
résidentiels - l'enquête de conjoncture de la Fédération française du bâtiment
(FFB) fait notamment état d'une progression de près de 35 % des autorisations
de construire de bâtiments administratifs au premier trimestre 2000 par rapport
à la même période de l'an passé. Il est à noter que ces travaux de construction
génèrent des travaux de voirie et de réseaux annexes, soutenant les dépenses
d'investissement direct des communes et des départements. En outre, la FFB fait
état d'une forte croissance des travaux d'entretien (+ 5,8 % au premier trimestre
2000, dans le secteur non résidentiel), sous l'influence de la baisse du taux
de TVA, et des conséquences de la tempête de décembre 1999.
Une incertitude
: la capacité du secteur du BTP à répondre à la demande
D'une manière générale, en 2000, l'accélération des dépenses d'investissement
des collectivités locales françaises (216 milliards de francs, + 7,1 %) pourrait
être freinée par une insuffisance des moyens de production. En conséquence,
comme en 1999, certains projets pourraient être retardés du fait d'appels d'offres
infructueux.
Alors que les perspectives sur le volume des commandes reçues sont bien orientées,
les entreprises du secteur rencontrent de fortes difficultés de recrutement.
Selon l'enquête de la FNTP, la proportion des entrepreneurs confrontés à des
goulots de production continue d'augmenter, atteignant 66 % à la fin juillet
2000. De même, la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du
bâtiment (CAPEB) signale des difficultés similaires : plus de 40 % des entreprises
ayant recherché à recruter au cours des six derniers mois n'y sont pas parvenues,
faute d'une main-d'œuvre suffisamment qualifiée. Les appels d'offres infructueux
s'expliquent également, dans certains cas, par l'inadaptation des prix proposés
par les collectivités locales au nouveau contexte économique : après avoir atteint
des niveaux bas, ceux-ci sont actuellement orientés à la hausse, sous l'effet
notamment de l'augmentation des prix de revient des produits et matériaux de
construction. En témoigne l'évolution récente du BT01 qui se trouve sur une
pente supérieure à 3 %, tandis que " l'indice routier " calculé par l'Union
des syndicats de l'industrie routière française (USIRF) a progressé en quelques
mois de 10 %. Outre l'augmentation du prix des matières premières, il faut enfin
signaler l'impact de la mise en place des 35 heures dans un secteur à forte
main-d'oeuvre.
Des investissements importants consacrés aux transports
collectifs urbains...
L'obligation, pour 65 grandes collectivités, d'adopter un Plan de déplacement
urbain (PDU), initialement fixée au 30 juin 2000, a été prorogée jusqu'au 1er
janvier 2001 : une dizaine d'agglomérations accusent un retard, et seules quatre
autorités organisatrices ont approuvé leur plan. Des investissements importants
sont attendus : ils concernent à la fois, l'amélioration de la qualité du service
de transport, l'augmentation de la place accordée à la bicyclette, la coordination
de l'offre de transports publics à l'échelle départementale et régionale, et
surtout le développement des transports collectifs en site propre.
En 2000, l'investissement est alimenté par la multiplication des projets de
construction de lignes de transports collectifs : par exemple, l'extension de
la ligne 2 du métro à Lille, le prolongement de la ligne B du métro et la création
de deux lignes de tramway à Lyon, la création d'une ligne de tramway à Montpellier,
Rouen, Orléans et Nancy, la création d'une deuxième ligne à Strasbourg, d'une
troisième ligne à Nantes... Les travaux de construction des projets " Transvilles
" (tramway de Valenciennes) et " Sambre 2001 " (autobus en site propre à Maubeuge)
devraient débuter en 2001.
... et à l'environnement
En matière environnementale, les collectivités locales poursuivent leurs investissements
pour respecter la directive sur les eaux urbaines de 1991, pour développer le
recyclage des déchets ménagers et mettre aux normes les incinérateurs et les
décharges.
Dans la région Nord - Pas de Calais, 2000 a vu l'ouverture des centres de traitement
des déchets de la Communauté d'Agglomération de Lens-Liévin et du SMIAA (Maubeuge).
2001 verra Lille Métropole ouvrir son tout nouveau centre de valorisation énergétique
à Halluin ainsi que Dunkerque Grand Littoral, la Communauté Urbaine d'Arras
et le SIRDHIM (Denain), commencer les premiers travaux de leur nouvelle usine
de traitement. Pour les déchets ménagers, l'ADEME estime, par exemple, à 10
milliards de francs les investissements des collectivités locales en 2000.
François
DECOCK
Lille Place Financière
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