L'EURO : AU-DELÀ DES BILLETS ET DES PIÈCES...


Dans moins d'un an, c'est à dire le 1er janvier 2002, les monnaies nationales des états membres de la zone euro, parmi lesquelles figure le franc, cesseront d'exister en tant que subdivisions de l'euro... C'est un événement majeur et sans précédent dans l'histoire monétaire qui va impacter l'ensemble des agents économiques. Il apparaît que des interrogations subsistent, à ce jour, sur le degré de mobilisation de certains d'entre eux et notamment les PME. Une telle attitude pourrait, si elle se prolongeait, susciter des inquiétudes. En effet, l'adaptation à l'euro des entreprises doit être préalable à celle du grand public

Dans les prochaines semaines, la campagne d'information sur l'euro va véritablement démarrer et de nombreux intervenants vont être sollicités, ce qui est à la fois naturel et indispensable. L'attention du public se focalisera sans aucun doute sur la mise en place de l'euro fiduciaire qui suppose le remplacement d'environ 1,4 milliard de billets et de 7 milliards de pièces. L'objectif de ce court article est de démontrer que le basculement à l'euro ne se limite pas à ce changement de signes monétaires, si important soit-il. En effet, dès le 1er janvier 2002 : — tous les comptes et toutes les comptabilités seront tenus en euros, — tous les moyens de paiement seront libellés en euros, — tous les contrats seront exécutés en euros.

Les établissements de crédit se sont bien préparés.


A l'issue de longues discussions commencées avant 1999 au sein des secteurs bancaire et financier, le cadre général du basculement à l'euro fiduciaire et celui du basculement des relations bancaires des entreprises et du grand public ont été élaborés et approuvés par le Comité national de l'euro. Les solutions adoptées permettent aux banques d'apporter la meilleure contribution possible à cette mutation et garantissent le bon fonctionnement du système bancaire pendant et après les opérations de basculement. Les banques ont certes un rôle primordial en l'espèce mais elles ne sont qu'un maillon de la chaîne et il appartient désormais aux autres agents économiques de s'impliquer sans retard.

Les entreprises, et notamment les PME, doivent se mobiliser.


Toutes les fonctions de l'entreprise sont concernées par le passage à l'euro : les relations bancaires bien sûr (comptes, prêts, contrats), la comptabilité, la paie, l'informatique, la tarification, le conditionnement, les relations avec l'Administration, les organismes sociaux, les clients et les fournisseurs. Les banques ont clairement annoncé leur intention de travailler en euro à l'automne 2001 avec une grande partie de leur clientèle. Il est donc essentiel qu'une masse critique d'entreprises - et notamment de PME - ait basculé à l'euro dès le 1er semestre 2001. Il est en effet de l'intérêt de tous les agents économiques de ménager une période suffisante entre la fin du basculement scriptural et le début du basculement fiduciaire qui s'annonce très complexe. Cela permettra ainsi d'éviter les goulets d'étranglement chez les prestataires extérieurs (SSII, imprimeurs, etc.), de disposer du temps nécessaire pour stabiliser et vérifier les systèmes passés à l'euro et ainsi de dégager des ressources pour l'euro fiduciaire. Il faut noter également que le taux important de multibancarité des entreprises françaises renforce encore ce besoin d'anticipation. En effet, en se préparant à temps pour un basculement scriptural durant le 1er semestre 2001 et en prenant sans délai les contacts nécessaires avec ses différents banquiers, l'entreprise accroît ses chances d'effectuer l'opération de manière cohérente et aux dates de son choix, ce qui est un avantage considérable.

Le grand public est également concerné.


Il est primordial que le grand public soit familiarisé avec l'euro avant le 31 décembre 2001. Ce sera l'objectif majeur de la campagne de communication qui va être lancée dès le mois de janvier.
Le double affichage des prix, le paiement des salaires en euros contribueront à cet apprentissage au même titre que la délivrance des moyens de paiement en euros ou que le passage à l'euro des grands facturiers (France Télécom, EDF, etc.). C'est pourquoi les banques étendront progressivement, à partir de la fin du 1er semestre 2001, la distribution de chéquiers en euros. Au cours du 2ème semestre 2001, elles prendront l'initiative, après une information précise de la clientèle, de réaliser le basculement de l'ensemble de leurs relations avec les particuliers - monnaie de tenue des comptes au premier chef - l'objectif étant de limiter les risques d'une opération réalisée à la dernière minute.
En définitive, il importe désormais que chaque agent économique prenne conscience que nous venons de rentrer dans l'année de l'euro et qu'il en est bien entendu un acteur essentiel. Chacun doit tout mettre en oeuvre pour la réussite de cette opération exceptionnelle.

Jean Daniel
Lille Place Financière