L'an 2000 , où en êtes vous ?
Responsables financiers, où serez-vous dans la nuit du 31 Décembre 1999 au 1 Janvier 2000 ?
Dans un avion ?, chez des amis ?, avec vos informaticiens dans votre entreprise ?, en train de vous préparer à expliquer à vos clients que vous ne pouvez plus accepter de paiements par carte bancaire du fait de votre matériel ?
En effet, le Groupement des Cartes Bancaires estime que, sur un parc de 550 000 Terminaux de Paiements Electroniques (TPE), 50 000 ne seront plus en état de fonctionner et que 185000 autres TPE demanderont un changement de logiciel, soit 43% des TPE à modifier en 1999...
Pour l'entreprise, les risques liés à l'an 2000, sont à la fois techniques, organisationnels, commerciaux, juridiques...
En fin de compte, ils se traduisent systématiquement par des conséquences financières.
Conséquences financières à court terme, car on peut imaginer que les banques, à l'analyse habituelle qu'elles utilisent pour l'octroi de crédits, ajouteront la capacité des entreprises à passer l'an 2000 au travers de questionnaires qu'elles leur envoient.
Certaines entreprises pourraient donc voir leurs lignes de crédits diminuées, voire supprimées à cause de l'an 2000...
Conséquences financières à moyen terme, car la pérennité même de certaines entreprises pourrait être menacée par leur manque de préparation au passage à l'an 2000.
Les financiers que nous sommes sont donc concernés à double titre :
D'abord, parce que notre métier est de gérer des risques
Ensuite, parce que nous sommes chargés de veiller à la bonne marche financière de nos entreprises et que nous ne pouvons ignorer d'éventuelles répercussions financières liées au passage à l'an 2000.
Comment procéder face à ce défi ?
Il faut, tout d'abord, procéder à une analyse systématique des risques.
Et ces risques doivent être étudiés non seulement en interne, mais également vis à vis de l'environnement.
Les partenaires extérieurs doivent être, en effet, également être compatibles an 2000, car, en fonction de leurs relations avec l'entreprise, les conséquences peuvent être très dommageables.
A ce propos, il convient d'être extrêmement vigilants vis à vis des prestataires informatiques dont certains, lorsque la question leur est posée sur leur capacité à passer l'an 2000, restent très vagues.
Certaines sociétés de services informatiques ont même décidé de ne pas modifier certains programmes qu'elles jugent trop anciens...
Uns fois ces risques identifiés, il faut les
Hiérarchiser
Déterminer les réponses à apporter
Corriger les anomalies
Effectuer les tests nécessaires
Implanter les versions corrigées
Prévoir, de toutes façons, un plan de secours.
Au niveau financier , la problématique est la même.
Il vaut peut-être mieux éviter les opérations de virements la dernière semaine de 1999 et la première semaine de 2000.
L'ensemble des logiciels comptables doivent être étudiés, ainsi que leurs liaisons en terme de risques (pour le suivi des paiements clients, par exemple).
Les outils de télématique bancaire doivent être testés pour être sûr que certaines opérations ne seront pas impossibles (virements de salaires, paiements fournisseurs, réceptions des soldes bancaires...)..
Il faut, enfin, prévoir de suppléer à des défaillances toujours possibles.
Il est clair que la majorité des opérations ne seront pas touchées par le passage à l'an 2000, mais peut-on prendre le risque de voir les paiements de salaires ne pas arriver chez les bons destinataires au bon moment, de voir les besoins en fonds de roulement s'alourdir soudainement par la faute de clients pas au point techniquement ou de voir nos partenaires banquiers remettre en cause des relations pour des raisons non financières ?
Bertrand de WAEGENEIRE
LILLE PLACE FINANCIERE