La Formation Bancaire : une réalité
au quotidien
Les Banques ont toujours été très attachées aux vertus de la promotion interne et il n’est pas rare de voir des Fondés de pouvoir ou Directeurs généraux s’honorant d’avoir commencé leur carrière par le poste de guichetier vendeur et d’avoir gravi un à un les échelons de la hiérarchie.
S’il est vrai que la profession
bancaire fait appel aujourd’hui à des jeunes diplômés de l’enseignement
supérieur, il est toujours de tradition de permettre aux agents recrutés de
suivre des cours de formation pour
maintenir et améliorer leur niveau de compétence.
Chaque année, plus de 5% de la
masse salariale des banques est consacrée au budget formation, afin de répondre
à une multiplicité de besoins en compétences.
Cette exigence suppose un très
gros effort de formation des personnels bancaires, entrepris par le CENTRE DE
FORMATION DE LA PROFESSION BANCAIRE,
dont la Délégation Régionale s’est implantée en 1974 à Lille. Couvrant 5
départements : Nord, Pas de Calais, Oise, Somme, et Aisne, la Délégation
régionale Nord – Picardie du CFPB a pour vocation de répondre aux besoins de
formations des établissements bancaires en assurant des cours , stages, séminaires … pour les agents et cadres de banque de la région.
Les formateurs sont dans la grande
majorité issus du monde bancaire ; certains continuent à exercer leur
activité tandis d’autres, après avoir appartenu à un établissement, se
consacrent à la formation en devenant des permanents du CFPB.
La formation bancaire est actuellement confrontée à une
double exigence contradictoire :
- former plus, pour préparer la
relève des départs en retraite et accroître le professionnalisme du personnel
pour répondre toujours plus aux attentes des clients,
- avec des budgets nécessairement contingentés et surtout
des temps disponibles de plus en plus réduits (35 heures,…).
Tout d’abord, pour combler les
déficits de sa pyramide des âges, la profession bancaire a été amenée, depuis
une dizaine d’années, à envisager de nouvelles voies de recrutement, par le biais de l’alternance.
Sur les deux dernières années, on évalue ainsi à un millier le nombre de
contrats par alternance dans la région, tous établissements bancaires et
structures de formation confondus. Les taux de recrutement, en fin de contrat,
sont très significatifs et l’alternance a donc permis à de nombreux jeunes
d’intégrer le monde bancaire.
Cette filière de formation, qui concourt à l’insertion et
l’intégration des futurs collaborateurs, répond au déséquilibre des embauches,
dans la mesure où elle permet aux jeunes de s’impliquer, dès leur première
année de formation, dans le tissu local, par son affectation sur un site
géographique proche du lieu de résidence. Il est important de rappeler, en
effet, que la plupart des établissements bancaires régionaux emploient plus de
la moitié de leurs collaborateurs hors de la métropole lilloise, et que cette
proportion est estimée à 75% pour les commerciaux.
Afin de permettre à chaque
établissement de trouver la formule qui convient à ses besoins et contraintes,
tant en durée, qu’en rythme d’alternance et en compétences métiers au sortir de
la formation, le Centre de Formation de la Profession bancaire a mis en place
divers programmes. Les créneaux de formation sont différents, selon qu’il
s’agisse de la qualification ou de l’apprentissage. Pour former les futurs
guichetiers-vendeurs, assistants au service de la clientèle ou chargés
d’accueil, les banques ont recours au B.T.S. Action Commerciale, au B.T.S. Force de Vente, voire au B.P. de
Banque par apprentissage. Dans la région, le C.F.P.B. forme, chaque année, plus
de 200 jeunes dans ce cadre. Les futurs chargés de clientèles de Particuliers
dits « grand public » suivent les cours de l’école pré-bancaire,
formation qualifiante destinée à dispenser les fondamentaux tant techniques que
commerciaux. Dès la rentrée prochaine, la formule diplômante par le biais du
BTS Banque sera également accessible en alternance. D’autres projets
d’ouvertures sont actuellement à l’étude.
Par ailleurs, les établissements bancaires se sont
toujours attachés à maintenir et améliorer le niveau de compétence de leurs
collaborateurs. Pour le
développement de la qualification professionnelle et la préparation des
progressions de carrière de leur personnel, les banques ont donc mis en place,
au fil des ans, un ensemble de formations
« institutionnelles » diplômantes. Les plus anciens, comme les
jeunes recrutés en recherche de nouvelles compétences ont alors suivi ou
suivent les cours du Brevet Professionnel de Banque (B.P.), de l’Institut
Technique de Banque (I.T.B.), voire du Centre d’Etudes Supérieures de Banque
(C.E.S.B.) et, plus récemment, du B.T.S. de Banque option « Marché des
particuliers » ou « Marché des professionnels » et de la Licence
de banque.
Ainsi, dans la région, chaque année, plus de 500 salariés
acquièrent, grâce au B.P. de Banque,
une connaissance étendue de l’environnement économique et juridique, ainsi que
des techniques bancaires de base.
Afin de répondre à la segmentation
de plus en plus affinée, la profession a mis en place une formation adaptée, le B.T.S.
de Banque, qui répond à des besoins de « formation métier » et
s’adresse essentiellement, à de jeunes collaborateurs recrutés à bac + 2 et
appelés à exercer sur l’un des deux marchés, Particuliers ou Professionnels.
Pour répondre à un besoin de
compétences sur une clientèle dite « bonne gamme », les
établissements de crédit ont mis en place, en partenariat avec des Universités,
la Licence Professionnelle de Banque,
qui s’est ouverte dans la région en coopération entre l’Université de Lille II
et le C.F.P.B..
L’I.T.B., qui a fait peau neuve en 2000, permet à de futurs cadres ou
des cadres confirmés de bénéficier d’un cursus d’études interactif et encore
plus professionnel, et de prendre la responsabilité d’une unité commerciale ou
fonctionnelle. Dans la région, le CFPB
accueillent près de 200 collaborateurs qui se préparent ainsi chaque année aux
problématiques d’un futur manager, et ce n’est pas sans fierté que la
Délégation Nord/Picardie, a compté parmi ses apprenants le major national de la
promotion 2001.
Nous observons aussi que si, au
cours des dernières années, l’une des principales préoccupations des banques a
été de former de nouveaux commerciaux, l’avenir proche verra certainement se
mettre en place le remplacement d’un nombre significatif des actuels
collaborateurs des « back-offices ».
Mais comment arriver à répondre à tous ces besoins à la fois ?
De plus en plus souvent, les établissements bancaires sont
conduits à limiter le temps consacré au face à face pédagogique et s’orientent
vers des dispositifs qui combinent les enseignements traditionnels avec des
moyens d’auto-formation et du e-learning, ce qui introduit des modifications
dans l’organisation de la formation et dans les rapports de l’apprenant au
savoir. Ces nouvelles approches pédagogiques supposent la mise en œuvre de
méthodes appropriées et le recours à de nouveaux outils issus des
N.T.I.C. (Nouvelles technologies de l’Information et de la Communication)
: CD-roms, stages en ligne, e-brp ( Banque de Ressources Pédagogiques), de plus
en plus couramment conçus et mis en œuvre par le C.F.P.B.. Ces outils
permettent une formation à distance plus personnalisée, réactive et intégrée
dans la pratique bancaire, en s’adaptant aux besoins de formation par séquences
modulables à volonté. Même si ces nouveaux canaux de formation ne sont pas
encore pleinement utilisés, ils intéressent déjà les établissements bancaires,
qui y voient un enrichissement à la formation présentielle et un moyen de
conjuguer efficacement la formation et la réduction du temps de travail.
Ainsi , conscient de l’impact de l’introduction des
nouvelles technologies sur les métiers, le Centre de Formation de la Profession
Bancaire, a mis en œuvre depuis plusieurs années un nouveau concept de
Formation pour répondre à cette évolution et accompagner les établissements
afin d’optimiser l’utilisation de ces nouveaux outils.
Catherine JOVENEL
LILLE PLACE
FINANCIERE